
Critique de LOL 2.0 de Lisa Azuelos : une suite qui manque de naturel
Avec LOL 2.0, Lisa Azuelos tente de remettre au goût du jour l’univers qui avait marqué toute une génération. Porté par Sophie Marceau, Thaïs Alessandrin, Françoise Fabian, Nathan Japy, Paola Locatelli, Vincent Elbaz et Alexandre Astier, le film cherche clairement à moderniser son propos pour parler aux adolescents d’aujourd’hui. Malheureusement, le résultat laisse une impression mitigée.
Un film calibré pour les plateformes de streaming
Dès les premières minutes, on sent que LOL 2.0 est un film fait pour des plateformes comme Netflix ou Disney+ et qui aura son succès là-bas. Le rythme, la mise en scène, les thèmes abordés — réseaux sociaux, nouvelles formes d’amour, communication parent-ado — tout semble pensé pour un public de streaming.
Ce n’est pas forcément un défaut, mais cela donne au film un aspect très formaté, presque industriel. On a parfois plus l’impression de regarder un contenu pensé pour l’algorithme que pour le grand écran.
Des jeux d’acteurs trop théâtraux
L’un des points les plus frustrants reste les jeux d’acteurs très théâtraux où l’on ressentque les acteurs récitent leur texte, ce qui gâche le film. Les dialogues manquent de spontanéité. Certaines scènes censées être naturelles paraissent écrites au millimètre, sans respiration.
Sophie Marceau apporte évidemment une présence solide, mais même elle semble enfermée dans des dialogues trop écrits. Du côté des plus jeunes, l’alchimie fonctionne par moments, mais l’ensemble manque de naturel. On sent l’effort, on sent la récitation — et cela enlève toute crédibilité émotionnelle à certaines scènes pourtant importantes.
Des blagues parfois gênantes
L’humour, qui faisait le charme du premier film, tombe ici parfois à plat. Il y a des blagues parfois gênantes, un peu forcées, qui donnent davantage envie de détourner le regard que de rire franchement.
Certaines punchlines semblent vouloir être modernes et connectées à la génération Z, mais elles sonnent artificielles. Le film cherche le clin d’œil complice, mais obtient souvent un sourire poli.
Un scénario qui rappelle un téléfilm
Le plus décevant reste peut-être le scénario. Un scénario qui nous fait penser à un téléfilm ou à une série avant le film à la TV. La construction narrative est très classique, sans réelle surprise. Les conflits arrivent de manière attendue, se résolvent de manière attendue, et l’ensemble manque d’audace.
On a le sentiment d’être face à un épisode long d’une série familiale plutôt qu’à une véritable œuvre de cinéma. Tout est propre, cadré, maîtrisé — mais jamais surprenant.
Une morale finale trop appuyée
Enfin, la conclusion laisse un goût étrange. Une morale à la fin qui nous fait penser à une pub pour la Maïf sur les accidents de la vie. Le message est bien intentionné, évidemment, mais il est tellement souligné qu’il en devient presque caricatural.
Au lieu d’émouvoir naturellement, la morale semble expliquée, démontrée, martelée. Cela enlève toute subtilité au propos.



